ASSOCIATION POUR L'AVENIR DES DIFFUSEURS DE PRESSE

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Inacceptable !

Les éditeurs créent les pertes du réseau coopératif qu’ils gèrent et demandent à l’Etat de les compenser.

 

N’est-ce pas fabuleux ? Et pourtant non, ce n’est pas une fable !
En favorisant les tarifs d’abonnements les éditeurs dépossèdent les messageries de leurs produits, engendrant les pertes de celles-ci qu’ils gèrent en coopérative. Et quand PRESSTALIS est sur le point de sombrer ils appellent l’Etat à l’aide et refusent de financer le trou qu’ils ont eux-mêmes créé.

La Loi Bichet, qui régit la distribution de la presse, date de 1947. A cette époque les éditeurs n’avaient d’autre possibilité que de passer par un réseau de magasins pour commercialiser leurs produits. Pour éviter que les plus importants ne nuisent à la pluralité du fait d’une disproportion de moyens entre éditeurs, l’Etat les a contraints à s’associer au sein de coopératives dont il leur a délégué la gestion.

Depuis, ils ont en effet géré la filière selon leur seul intérêt, engrangeant des milliards de profits sans aucun partage avec les autres acteurs de la chaîne. Tout juste ont-ils été obligés de concéder, à la marge et sous la contrainte, de nombreux avantages financiers à quelques syndiqués du Livre. Après quoi ils ont eu l’audace de prétendre que ce sont ces avantages, qu’ils ont concédés par intérêt à l’époque, qui étaient la cause du manque de rentabilité de la distribution.

Le temps a passé et les syndiqués du Livre n’ont plus le poids qu’ils avaient. Pour autant les éditeurs ne se privent pas de se plaindre de l’excès des coûts de distribution. Ils ont peut-être raison d’ailleurs mais, en tant que gestionnaires de la filière, ils en sont les premiers responsables. Responsables, ils le sont d’autant plus que c’est par leurs politiques commerciales individualistes et cout-termistes qu’en retirant la distribution au réseau mis à leur service, ils créent les conditions du dépôt de bilan des messageries et des marchands.

Mais que leur importe, car eux peuvent continuer à vendre en direct maintenant avec le numérique.
Et les voilà prêts à monter au créneau pour défendre leur liberté commerciale face à l’Etat qui tique sur la méthode et ses conséquences.

Je dois admettre qu’il est un peu gros de demander au contribuable de renflouer un système qui prend l’eau par la volonté de ceux qui le gèrent. Aussi il me semble qu’il est souhaitable que l’Etat mette les éditeurs devant leurs responsabilités en leur faisant valoir que les avantages dont ils bénéficient à hauteur de 15% de leur chiffre d’affaire peuvent être conditionnés ; à la sauvegarde de la pluralité, des emplois et de l’aménagement du territoire par exemple.



25/02/2016
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